« À partir de cela, ceux qui mettent tout l’accent sur la nécessité de changer le travail lui-même, de le rationaliser, d’y intéresser les gens, prennent le risque, en négligeant l’idée du contenu libre de la vie [...], de couvrir en fait une harmonisation de la production actuelle, un plus grand rendement ; sans que soit mis en question le vécu même de la production, la nécessité de cette vie, au niveau de contestation le plus élémentaire. La construction libre de tout l’espace-temps de la vie individuelle est une revendication qu’il faudra défendre contre toutes sortes de rêves d’harmonie des candidats managers du prochain aménagement social. »

Internationale situationniste, n°6, 1961, p. 4.

« Critiquer le travail n’aurait aucun sens si on l’identifie avec l’activité productive en tant que telle, qui, bien sûr, est une donnée présente dans toutes sociétés humaines. Mais tout est différent si on entend par travail ce que le mot désigne effectivement dans la société capitaliste : la dépense auto-réferentielle de la simple force de travail sans égard à son contenu. Ainsi conçu, le travail est un phénomène historique, appartenant à la seule société capitaliste et qui peut être critiqué et éventuellement aboli »

Anselm Jappe, « Politique sans politique », Crédit à mort, Paris, Lignes, 2011.

Disponibles aux éditions Crise & Critique

 

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