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Julien Chanet – Préface de Jean-Yves Pranchère : L’Incendie universel. Le sujet de l’antisionisme à gauche
- Parution 26 juin 2026 :
Robert Kurz – Préface de Clément Homs : Conflit par procuration. Critique du pro- et de l’anti-israélisme
- Parution Octobre 2026 :
Robert Kurz : Du capitalisme, table rase. Essais pour une reformulation de l’émancipation sociale après la « fin du marxisme »
- Parution Novembre 2026 :
Robert Kurz – Préface de Marcos Barreira : La Fin de la politique. La gestion du désastre comme horizon du système de régulation capitaliste et l’épuisement de l’idéologie libérale
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L’incendie universel
Le sujet de l’antisionisme à gauche
Julien Chanet
Préface de Jean-Yves Pranchère
Parution le 17 avril 2026
À la suite du 7 octobre et de la guerre à Gaza, alors que la gauche se fracture autour du conflit israélo-palestinien, de l’antisémitisme et de l’antiracisme, cet ouvrage s’attaque à l’un de ses points les plus sensibles : son rapport à l’antisionisme. Celui-ci est le plus souvent éludé dans les prises de position sur l’antisémitisme, où cette notion, comme celle de sionisme, est reléguée, au mieux, à des chapitres isolés, au pire, au rang d’impensé idéologique. Il fallait donc reprendre ces questions de front, sans éluder les controverses ni céder aux simplifications.
Depuis un ancrage antiraciste et anti-autoritaire, l’auteur analyse les impasses d’un militantisme parfois captif de ses slogans, lorsque les réalités juives sont réduites à un seul signifiant : Israël. Croisant théorie politique, sociologie des mobilisations et géopolitique critique, il replace le sionisme dans son histoire réelle, loin des caricatures. Il met au jour la dimension nationaliste et identitaire, par procuration, des discours antisionistes, la réduction du peuple palestinien à un peuple-objet ou à un peuple martyr, et les glissements par lesquels l’antisionisme peut se muer en antisémitisme — masqué ou assumé — dont il retrace la généalogie, de la matrice stalinienne à ses reformulations contemporaines.
Dès lors, deux questions : existe-t-il un antisionisme réellement progressiste ? À quelles conditions le sionisme peut-il redevenir un objet ordinaire de discussion politique plutôt qu’un tabou ou un épouvantail ?
Écrit depuis la gauche mais à distance des logiques de chapelle, ce livre s’adresse à celles et ceux qui refusent de choisir entre la lutte contre toutes les dominations et la lucidité critique, et examine les effets d’un antisionisme lorsqu’il s’approprie la solidarité avec les Palestinien·nes au lieu de la renforcer.
Julien Chanet est travailleur associatif à Bruxelles. Diplômé de Science politique, il réfléchit aux théories politiques et aux tensions qui animent les gauches, notamment l’antisionisme et l’antisémitisme. Il a publié à ce sujet dans plusieurs revues (Daï, Revue K).
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Conflit par procuration
Critique du pro- et de l’anti-israélisme
Robert Kurz
Préface de Clément Homs
Traduit de l’allemand par Frank Reinhardt, Sebastian Kock et Johannes Vogele
Parution le 26 juin 2026
Et si le débat sur Israël était prisonnier de catégories qui en empêchent toute compréhension réelle ? Et si la question israélo-palestinienne était devenue un champ de bataille idéologique par procuration ?
Dans ce recueil incisif de trois essais prémonitoires, écrits entre 2002 et 2009, Robert Kurz démonte symétriquement les positions des camps inconditionnels. Il montre comment, loin de toute solidarité concrète, ce conflit s’est mué en écran de projection des angoisses et des identités politiques produites par la crise du capitalisme global. Au lieu d’être analysé pour lui-même, il fonctionne comme un théâtre symbolique où se rejouent les fractures contemporaines, au détriment d’une lecture historique et sociale rigoureuse.
D’un côté, un pro-israélisme identitaire érige Israël en rempart civilisationnel, au prix d’une adhésion aveugle aux dynamiques de barbarisation à l’œuvre. De l’autre, un anti-israélisme souvent ancré dans des logiques nationalistes ou campistes, lui-même pris dans les contradictions du capitalisme en crise et susceptible de dériver vers des formes transposées d’antisémitisme, où Israël devient surface de projection. Loin de s’opposer réellement, ces deux postures participent d’un même aveuglement : elles transforment le conflit en miroir des impasses idéologiques du présent.
Au cœur de l’analyse se tient l’ambivalence d’Israël : produit historique de l’antisémitisme moderne et, simultanément, État pleinement inscrit dans les dynamiques destructrices du capitalisme en crise. Cette tension est systématiquement déformée par des lectures qui répondent moins à la réalité du terrain qu’aux besoins symboliques des observateurs.
L’enjeu est alors clair : rompre avec ces lectures par procuration pour rouvrir la possibilité d’une critique sociale émancipatrice, capable de penser ensemble la singularité d’un conflit et les contradictions du système mondial contemporain.
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Du capitalisme, table rase
Essais pour une reformulation de l’émancipation sociale après la « fin du marxisme »
Robert Kurz
Préface de Clément Homs
Parution Octobre 2026
Traduit de l’allemand par Christophe Bertiau et Frank Reinhardt
L’effondrement de l’URSS et du marxisme, qui ne se sont révélés n’être que des capitalismes d’Etat modernisateur, ont laissé, depuis trente ans, la gauche orpheline d’un horizon de rupture comme de tout sujet révolutionnaire. La social-démocratie a achevé sa course dans le social-libéralisme, accompagnant ce pour quoi elle était programmée in nuce : la reproduction du capitalisme existant. Quant aux restes de la « gauche de gauche », ils se sont contentés de reconfigurer un altercapitalisme repeint en vert et en plus féministe et antiraciste, sans jamais remettre en question les catégories fondamentales de la modernité marchande. Attachée au travail, à l’argent, à la valeur, à la politique et à l’État, cette gauche continue de critiquer le capitalisme néolibéral au nom du capitalisme d’État-providence, flanqué de sa régulation politique, de sa démocratie du travail et de ses services publics — lorsqu’elle ne se convertit pas, faute de perspectives, au populisme antisystème de la « révolution citoyenne », qui ne rompt pas davantage avec les formes sociales capitalistes.
Alors qu’en ce XXIᵉ siècle le désert s’étend et que les gauches, rivées à leur impuissance politique, s’enfoncent dans l’apathie et la décomposition, peut-on encore imaginer la refondation d’un horizon véritablement révolutionnaire ? Dès le milieu des années 1980, en Allemagne puis au Brésil, le courant de la critique de la valeur-dissociation s’est attelé à une tâche décisive : reconstruire de fond en comble une critique de l’économie politique, avec et au-delà de Marx et Adorno. Refusant de céder au primat bourgeois de la « pratique » et de réduire la Théorie critique au rôle de simple auxiliaire militante, il a choisi de repartir de la question fondamentale : que désigne réellement le mot « capitalisme » ? Quelle perspective de rupture peut s’esquisser aujourd’hui à la lumière d’une telle critique catégorielle, notamment à travers l’œuvre de l’un de ses principaux fondateurs, Robert Kurz ? Comment repenser et refonder un horizon révolutionnaire au-delà des catégories fondamentales du capitalisme ?
Rassemblant vingt-cinq années d’essais et d’entretiens dans lesquels l’auteur acte la fin du marxisme historique et explore la possibilité de nouvelles formes d’émancipation, ce recueil inédit ouvre un espace de réflexion fécond pour imaginer d’autres pratiques et d’autres luttes.
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La Fin de la politique
La gestion du désastre comme dernier horizon de régulation du capitalisme et l’épuisement de l’idéologie de la liberté
Robert Kurz - Préface de Marcos Barreira
Parution Novembre 2026
Traduit de l’allemand par Frank Reinhardt
La politique moderne ne constitue pas une sphère autonome de décision collective, mais un moment fonctionnel de régulation historiquement déterminé de la société marchande. La modernité capitaliste a substitué à l’universalité sociale prémoderne une universalité abstraite et fétichiste, médiatisée par la marchandise et l’argent, instituant une séparation structurelle entre « économie » et « politique ». Cette différenciation réduit la politique à une instance subordonnée, chargée de gérer et de légitimer un système qu’elle ne peut plus transformer, tandis que l’opposition gauche/droite demeure enfermée dans l’horizon de la forme-marchandise.
Avec la crise historique du capitalisme, la politique moderne atteint ses limites internes : elle ne peut plus réguler ce qu’elle présuppose. La subordination du politique à l’économie de la valeur devient explosive lorsque la production de valeur réelle s’érode sous l’effet conjugué de la productivité, de la concurrence, de la financiarisation et de la désindustrialisation globale. Privées de leur base matérielle, démocratie et liberté se transforment en simulacres ; la politique se replie alors sur des formes de gestion symbolique, d’autoritarisme, d’exclusion et de conflictualité identitaire, tandis que la gauche renonce à toute perspective d’émancipation pour se réduire à une gestion morale du désastre. La « fin de la politique » ne signifie pas sa disparition, mais l’effondrement de son illusion d’autonomie et de sa prétention émancipatrice. Elle subsiste nécessaire mais subordonnée, l’économie dictant désormais les règles de toute la société et révélant la nature fétichiste et totale du capitalisme moderne.
Ce recueil d’articles de Robert Kurz propose une critique radicale et systématique de la politique moderne et de l’idéologie de la liberté qui la soutient. À rebours des analyses dominantes – qu’elles soient libérales, réformistes ou issues de la gauche traditionnelle – l’auteur montre que la crise actuelle dépasse largement les conflits partisans ou les déséquilibres institutionnels : il s’agit non seulement d’une crise dans la politique, mais d’une crise de la politique elle-même et, plus largement, d’une crise de l’idéologie de la liberté, en tant que moments fonctionnels de la modernité marchande. La démocratie libérale, l’État de droit, le droit international et la liberté marchande, loin d’être des garanties d’émancipation, révèlent leur impuissance face à l’épuisement matériel et social produit par le capitalisme tardif.
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