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1938 lelibertaireCi-dessous une présentation du livre de l'historien américain Michael Seidman que les éditions Senonevero ont traduit en 2010 : « OUVRIERS contre le TRAVAIL. Barcelone et Paris pendant les fronts populaires ». De Michael Seidman. Ed. Senonevero. Marseille 2010. Disponible dans toutes les bonnes librairies.

 

  logo-pdf.pngVoir le Fichier : pdf_Intro_Ouvriers_contre_le_travail_de_Michael_Seidman.pdf

 

Préface

 

L’histoire politique et sociale comparée de la révolution espagnole à Barcelone et du Front populaire à Paris cherche à montrer la puissance des idéologies révolutionnaires en Espagne, un pays où la bourgeoisie était faible, et leur déclin en France, une nation où les capitalistes avaient développé des industries modernes. Elle interroge la façon dont les ouvriers de Paris et Barcelone ont travaillé durant les Fronts populaires, lorsque les organisations qui prétendaient représenter la classe ouvrière détenaient divers degrés de pouvoir. Les modèles d’action ouvrière (et d’inaction) conduisent cette étude à remettre en cause les paradigmes dominants dans l’historiographie angloaméricaine. 

Le livre a commencé comme un essai universitaire supervisé par le professeur Arthur Mitzman de l’université d’Amsterdam ; l’ouvrage a bénéficié de recherches exhaustives à Paris, Barcelone et Salamanque au début des années 1980. À Paris, j’ai été aidé par des amis et des universitaires. Je dois beaucoup à Sylviane Lavergne, Véronique et Jean-Pierre Bachimont, Arthur Marchadier, Louis Chevalier, et Michelle Perrot. À Barcelone, Joaquin Sirera et Horacio Capel m’ont apporté savoir et confort. Stanley Payne m’a aiguillé vers les archives de la Guerre civile à Salamanque, incroyablement riches mais désorganisées, et Raymond Carr m’a fourni des encouragements bienvenus. Le manuscrit a aussi bénéficié des critiques et suggestions de Traian Stoianovich, John Gillis, Victoria de Grazia, Allen Howard, et Mark Wasserman. Les commentaires de Robert Seidman ont permis d’angliciser des mots français et hispaniques.

 

Michael Seidman

 

 

Quatrième de couverture

 

Michael Seidman montre la continuité de la résistance au travail, en grande partie ignorée ou sous-estimée par les théoriciens et historiens du xxe siècle. Au moment des Fronts populaires, les ouvriers ont persévéré dans leurs pratiques antérieures qui donnaient déjà le caractère extérieur, utilitaire du sens de leur travail : des refus directs et indirects, par l’absentéisme, le coulage de cadence, le vol, la grève, etc.

 

Au moment où s’est posée la question du contrôle ouvrier – révolutionnaire ou réformiste – du procès de production, les luttes quotidiennes sur le lieu de travail, à Paris et Barcelone, étaient des faits de résistance : « La résistance était aussi un phénomène conjoncturel et cyclique, mais les refus sont restés une part intrinsèque de la culture ouvrière et sont apparus à différentes périodes avec diverses divisions du travail. Pendant les Fronts populaires, les ouvriers se révoltaient contre un ensemble de disciplines, y compris celles imposées par les organisations ouvrières. Les salariés souhaitaient certainement contrôler leurs lieux de travail, mais généralement afin d’y travailler moins. On peut supposer que la façon d’éliminer la résistance n’est pas le contrôle ouvrier sur les moyens de production mais plutôt l’abolition du travail salarié lui-même. »

 

Il nous est alors possible de voir, dans ces affrontements entre ouvriers et organisations ouvrières, des collectivités barcelonaises aux usines aéronautiques parisiennes, la contradiction interne des mouvements de Front populaire, qu’ils aient été révolutionnaires ou réformistes. L’impossibilité d’un triomphe de la classe du travail, en tant que telle, se manifeste sous sa forme la plus empirique. C’est la faillite d’un programme ouvrier dans ses propres termes, alors sommé de se réaliser dans un moment critique. 

Tag(s) : #Parutions & Bibliographie

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