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« De même que, socialement, la veste n'est pas une veste et le lait n'est pas du lait, mais que l'un et l'autre apparaissent comme objectivation de '' travail abstrait '' et par-là comme abstraite grandeur de prix, de même la particularité sensible et esthétique de biens culturels musicaux, littéraires ou théoriques se trouve dégradée par leur forme-valeur abstraite et en quelque sorte désincarnée, car seule la forme-valeur garantit au produit la " validité " et de participer à la masse-substance sociale de la valeur, tandis que le contenu spécifique lui demeure in-différent. » (Robert Kurz, « L'industrie culturelle au XXIe siècle. De l'actualité du concept d'Adorno et Horkheimer », in revue Illusio, n°12/13, 2014, p. 23)

« Comme marchandises, les choses sont des objets valeur abstraits privés de qualité sensible, et c'est uniquement sous cette forme étrange qu'elles sont socialement médiatisées. Dans le cadre de la critique marxienne de l'économie politique, cette valeur économique est déterminée de façon purement négative, en tant que forme de représentation abstraite et morte du travail social effectué sur le produit, forme à la fois réifiée, fétichiste, détachée de tout contenu sensible et concret et qui, en perpétuel mouvement de forme de relation d'échange, se développe pour arriver à l'argent en tant que chose abstraite "même" » (Robert Kurz, Der Kollaps der Modernisierung. Vom Zusammenbruch des Kasernensozialismus zur Krise der Weltökonomie, Eichborn, 1991, p. 16 et suivantes).

« Le fétichisme est devenu autoréflexif et constitue du même coup le travail abstrait comme une machine qui est à elle-même sa propre fin. Dorénavant, le fétichisme ne " s'éteint " plus dans la valeur d'usage, mais se présente sous la forme du mouvement autonome de l'argent, comme transformation d'une quantité abstraite de travail abstrait et mort en une autre quantité - supérieure - de travail abstrait et mort (la survaleur) et ainsi comme mouvement tautologique de reproduction et d'autoréflexion de l'argent, qui ne devient capital et donc moderne que sous cette forme » (Robert Kurz, Der Kollaps der Modernisierung. Vom Zusammenbruch des Kasernensozialismus zur Krise der Weltökonomie, Eichborn, 1991, p. 18).

« A son niveau le plus profond, le capitalisme n’est donc pas en réalité la domination d’une classe sur une autre, mais le fait, souligné par le concept de fétichisme de la marchandise, que la société tout entière est dominée par des abstraction réelles et anonymes. Il y a des groupes sociaux qui gèrent ce processus et en tirent des bénéfices – mais les appeler ‘‘classes dominantes’’ signifierait prendre pour ‘‘argent comptant’’ les apparences. Marx ne dit rien d’autre lorsqu’il appelle la valeur le ‘‘sujet automate’’ » (A. Jappe, « Aliénation, réification et fétichisme de la marchandise », in La réification. Histoire et actualité d'un concept critique, La dispute, 2014, p. 77).

« Il est primordial déjà chez Karl Marx que les " valeurs d'usage apparaissent comme des créatures du capital même " et que l'hypothèse d'une " utilité pure " (elle-même abstraite) de la valeur d'usage apparaît seulement dès lors que, à travers le rapport-capital, la forme-marchandise s'est répandue d'une façon plus ou moins dominante. Pour la " critique fondamentale de la valeur " (Wertkritik) qui nous intéresse ici d'abord, il en résulte que la marchandise n'est " valeur d'usage " que dans le procès de circulation, en tant qu'objet marchand donc et, à cet égard, la valeur d'usage reste, elle aussi, une simple catégorie-fétiche abstraite et économique. La valeur d'usage ne désigne pas l'utilité concrète de l'usage sensible et matériel, mais uniquement l'abstraite " utilité par excellence" en tant que valeur d'usage d'une valeur d'échange. Pour la dissociation-valeur, la notion de valeur d'usage appartient en quelque sorte elle-même à l'univers marchand androcentrique-abstrait » (Roswitha Scholz, « Le sexe du capitalisme », in P. Vassort et R. Poulin (dir.), Sexe, capitalisme et critique de la valeur, M éditeur, 2012, Ville Mont-Royal, Québec).