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Vendredi 18 mars - 19h

Librairie Publico - 145 rue Amelot, 75011 Paris

Présentation-causerie sur « Le Mur énergétique du capital » et le n°4 de Jaggernaut « Règne de la valeur et destruction du monde »

avec Sandrine Aumercier et des membres du comité de rédaction de Jaggernaut, Anselm Jappe, Frederico Lyra, etc. 

 

À l’heure de la crise écologique, le dogme révolutionnaire de la « réappropriation des moyens de production » ne peut plus être affirmé innocemment. Moteur humain, moteur mécanique : ce sont là les bases de l’invention capitaliste du « travail ». La croyance en la substituabilité indéfinie d’une dépense d’énergie abstraite nourrit le développement technologique et entretient une relation ambivalente avec la thermodynamique. Une conception substantialiste de la valeur, telle que développée par Karl Marx et relue par Robert Kurz, permet de réinscrire le paradigme énergétique à l’intérieur de la forme sociale capitaliste et d’en expliciter la dynamique propre. Le rapport de composition organique du capital articule en effet étroitement le « travail mort » des machines et le « travail vivant » des humains. La crise énergétique et ses retombées écologiques constituent en ce sens le mur externe du métabolisme capitaliste, l’autre mur étant la création d’une humanité superflue.

L’abolition du travail abstrait ne pourrait donc que signifier la fin des technologies qui sont la « matérialisation adéquate » du capitalisme. Seule une exigence d’émancipation portée jusqu’à cette pointe pourrait à la fois cesser de consumer sans limites le monde matériel et offrir les bases sociales d’une réinvention des techniques et des activités libérées de la compulsion de valorisation.

L’autrice

Sandrine Aumercier a étudié la philosophie et la psychologie à Paris. Elle est psychanalyste à Berlin, membre de la Psychoanalytische Bibliothek Berlin et participe à la revue française Jaggernaut. Ses recherches portent notamment sur l’histoire de la psychanalyse, la psychologie collective, la technologie et la critique de la valeur-dissociation.

 

Parution le 25 mars du n°4 de la revue Jaggernaut :

Règne de la valeur et destruction du monde

   La crise écologique et l’épuisement des ressources naturelles ne sont pas des aspects accessoires du mode de production capitaliste et ne peuvent pas être évités en établissant un capitalisme plus « sage », modéré, vert, durable ou circulaire. Il ne paraît pas possible aujourd’hui de comprendre la crise écologique, en tant qu’imbrication entre l’évolution technologique et le capitalisme, si l’on ne tient pas compte des contraintes pseudo-objectives qui dérivent de la valorisation de la valeur et qui poussent à consommer la matière concrète du monde pour satisfaire les exigences abstraites de la forme-marchande. Le mode capitaliste de (re)production est basé sur une forme sociale abstraite de richesse – la survaleur –, qui est intrinsèquement autotélique, illimitée et, en tant que telle, entraîne une forme de croissance économique débridée nuisible à la biosphère. L’incompatibilité du capital et de la protection du climat, qui se reflète au niveau systémique fondamental ainsi qu’au niveau politique et culturel, fait du dépassement du mode d’économie capitaliste destructeur une question de survie pour l’humanité au xxie siècle.

Table des matières : 

La limite écologique du capitalisme : la destruction accélérée de la nature à la lumière des analyses de Karl Marx et Moishe Postone

Technologies apocalyptiques

Le gouffre énergétique de la société du travail 

L’Ascension des automates voraces

Aspects d’une critique des sciences mathématiques de la nature 

Dissociation et fonctionnalisation du sexe féminin dans les sciences modernes 

Le « capitalisme asiatique » et la crise mondiale

Le cours ordinaire des choses et ses subterfuges : Une lecture des présupposés de Søren Mau dans Stummer Zwang

L’histoire est-elle toujours matérialiste ?

Les vues de l’esprit de Monsieur Alain De Benoist

Jacques Bidet et le travail abstrait des « jardinières » du néolithique 

L’œil contre la barbarie : à propos de Marildo Menegat 

Critiquer Raoul Vaneigem : La subjectivité radicale dans L’Internationale Situationniste

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