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Rencontres du Cercle d’auto-défense intellectuelle « Critique de la valeur-région Occitanie »

Les grammaires de l’anticapitalisme tronqué.

Pour une critique radicale hors les murs

***

Samedi 3 et Dimanche 4 septembre, près de Foix

   Longtemps euphémisé sous les étiquettes d’« économie de marché », de « société ouverte » ou de « mondialisation », le capitalisme est enfin redevenu questionnable et critiquable dans le cycle de luttes actuel. Sans conteste l’anticapitalisme s’est hissé au rang des maîtres mots des nouvelles radicalités à gauche comme dans une frange de l’extrême-droite d’ailleurs. Pour autant le besoin d’une forme d’anticapitalisme qui touche aux formes sociales de base du capitalisme, à sa racine même, ne semble trouver pour l’instant comme réponse que des ersatz de critiques que nous pouvons rassembler sous la dénomination d’ « anticapitalisme tronqué ». C’est là un des paradoxes de ce cycle de luttes : alors qu’en ce début du XXIsiècle craque de partout le processus de valorisation, le cheval de Troie de l’ontologie historique capitaliste est dans les murs de nos luttes et constitue aujourd’hui le plafond de verre d’une contestation anticapitaliste conséquente. Dans la nouvelle configuration historique du « capitalisme inversé » (Trenkle & Lohoff) surgie dans les années 1980, mêlé à des héritages « marxistes traditionnels » que l’on tente de réanimer, un nouvel anticapitalisme tronqué émerge en France et en Europe à la fin des années 1990, ayant pour cadre le rôle grandissant de l’industrie financière, le nouveau visage de la mondialisation, le processus relatif de désindustrialisation de la Triade et l’extension de l’immense armée de rebuts humains désormais inutiles au capitalisme.

   La critique de la valeur-dissociation a visé quant à elle (dans une polémique publique sur l’état des mouvements et de leurs concepts), l’angle mort de ces nouveaux littérateurs anticapitalistes et de leurs diverses grammaires de la contestation, c’est-à-dire ce dont ils ne parlent pas : la marchandise, l’argent, le travail et l’économie qui ne sont jamais introduits en tant que catégories et formes sociales à critiquer en tant que telles. L’un des objets de cette rencontre sera de démasquer les faux nez de la critique en esquissant et en approfondissant une analyse critique des catégories réifiées présentes dans l’anticapitalisme tronqué du point de vue de la critique des catégories fondamentales du capitalisme portée par la critique de la valeur-dissociation.

   Qu’est-ce qui est ressenti et théorisé comme relevant du « capitalisme » dans cette nouvelle configuration historique aussi bien dans les imaginaires « anticapitalistes » que chez les auteurs et théoriciens les plus en vogue ou moins connus ? En quoi consiste le caractère tronqué de leur critique et comment en interpréter les différents aspects ? Autrement dit, de quoi est l’expression ce caractère tronqué dans la socialisation capitalisme si nous l’examinons à la lumière de la théorie de la subjectivité et des formes de conscience fétichisée développée par Postone et la critique de la valeur ? A quoi peut bien renvoyer ce caractère tronqué de l’anticapitalisme dans le conflit d’intérêts immanent au capitalisme que représente la lutte des classes ? A un niveau d’abstraction plus élevé, quelle définition peut-on donner de l’anticapitalisme tronqué après la mort du « marxisme traditionnel » ? Cette nouvelle galaxie de l’anticapitalisme tronqué est-elle en rupture ou en continuité avec le marxisme traditionnel ? Quels adjuvants théoriques et analytiques ont-ils été introduits ? Faut-il parler d’un anticapitalisme tronqué en miettes, c’est-à-dire pluriel, aux influences théoriques et militantes multiples, un anticapitalisme tronqué qui aurait abandonné la totalité pour ne verser que dans des luttes parcellaires postmodernes (les sans-papiers, l’antirep, le queer, les paradis fiscaux, la relocalisation, etc.) ? Et quels ponts s’établissent, dans le cadre de la constitution d’un populisme transversal, entre les anticapitalismes de gauche et ceux d’extrême-droite ? Nous nous limiterons, dans cette rencontre, à évoquer certaines formes de « gauche » de cette critique tronquée.

   Pour nous ce séminaire, on l’aura compris, se veut une véritable machine de guerre dans une lutte terminologique et taxinomique, c’est-à-dire une critique des actes de langage autant que des initiatives relevant de cet anticapitalisme tronqué contemporain qui nous promet de trop criantes désillusions.

Samedi                                                                                          

10h : Les grammaires de l’anticapitalisme tronqué et sa forme dominante l’antinéolibéralisme  (Clément Homs et Bill Arlaud)

14h : Critique de Frédéric Lordon : à propos d'Imperium. structures et affects des corps politiques et Capitalisme, désir et servitude. Marx et Spinoza (Benoit Bohy-Bunel, )

              L’imaginaire du complotisme dans l’anticapitalisme tronqué (Benoit)

      Soirée : Critique de l’« agriculture paysanne » (Bill)

Dimanche

10 h : La déconstruction : horizon indépassable ou impasse pour la critique du capitalisme ? (Renaud Garcia, auteur de Le désert de la critique. Déconstruction et politique, L’échappée, 2015)

      14 h : Critique de Bernard Friot (Armel Campagne)

Organisation

  • Lieu : à 15 minutes de Foix (Ariège)
  • Nous serons dans une colonie de vacances que l’on nous prête gratuitement mais il sera peut-être apprécié que nous fassions une petite collecte pour le propriétaire des lieux.
  • On se fera nos repas sur place. On avance l’argent pour préparer les repas, on décidera sur place le partage de ces frais ; mais pour autant ne pas hésiter à apporter des victuailles
  • Possibilité d’arriver le vendredi soir pour s’installer.

Les places étant limitées, la participation aux rencontres se fait par inscription par retour de mail.

Merci de nous indiquer si vous êtes végétarien, allergique, etc.

Contact inscription :

palimpsao(arobase)orange.fr

Tag(s) : #Rencontres autour de la critique de la valeur