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robertkurz 

Robert Kurz, Voyage au coeur des 

ténèbres du capitalisme

Anselm Jappe

 

Ci-dessous, l'intégralité d'un article d'Anselm Jappe paru dans « La Revue des Livres » (n°9, janvier 2013), qui fait la recension de deux ouvrages de Robert Kurz (1943-2012) : 

- L'ouvrage Vies et mort du capitalisme. Chroniques de la crise (paru chez Lignes en 2011 - traduction par Luc Mercier, Wolfgang Kukulies et Olivier Galtier).

- L'ouvrage paru en Allemagne Geld ohne Wert. Grundrisse zu einer transformation der kritik der politischen ökonomie [Argent sans valeur. Fondements pour une transformation de la critique de l'économie politique] (Horlemann, 2012). Cet ouvrage est également publié chez Antigona en 2014 (Lisbonne) dans une traduction portugaise sous le titre Dinheiro sehm valor (diffusion Brésil, Portugal, Europe).

Robert Kurz (1943-2012) est l'un des principaux inspirateurs du courant de la critique de la dissociation-valeur, cofondateur des revues Krisis puis Exit ! en 2004, il est par ailleurs l'auteur d'ouvrages majeurs comme L’Effondrement de la modernité. De l’écroulement du socialisme de caserne à la crise de l’économie mondiale (Eichborn, Frankfurt am Main, 1991, avec de nombreuses rééditions en poche) ou Le livre noir du capitalisme. Un adieu à la société marchande, 1999 (nombreuses rééditions en poche, la dernière date de 2009 avec une préface inédite de l'auteur) 

Pour lire l'article d'Anselm Jappe :

logo-pdf.png

Voir le Fichier : Robert_Kurz_Voyage_au_coeur_des_tenebres_du_capitalisme_Anselm_Jappe.pdf

 

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Un extrait de l'article d'A. Jappe :

 Robert Kurz, le théoricien principal de la « critique de la valeur », est mort le 18 juillet 2012 à Nuremberg (Allemagne), des suites d’une erreur médicale. Il avait 68 ans. Cette mort prématurée interrompt un travail immense mené depuis 25 ans, dont le public français a commencé à peine à prendre acte. Né en 1943 à Nuremberg, où il a passé toute sa vie, Kurz participe à la « révolte des étudiants » en 1968 en Allemagne et aux discussions intenses à l’intérieur de la « Nouvelle gauche ». Après une adhésion très brève au marxisme-léninisme, et sans adhérer aux « Verts » qui à ce moment-là effectuaient leur mue « réaliste » en Allemagne, il fonde en 1987 la revue  « Marxistische Kritik », rebaptisée  « Krisis » après quelques années. La relecture de Marx proposée par Kurz et ses premiers compagnons de lutte (parmi lesquels Roswitha Scholz, Peter Klein, Ernst Lohoff et Norbert Trenkle) ne leur créait pas que des amis dans la gauche radicale. Celle-ci y voyait bousculés un après l’autre ses dogmes, tels que la « lutte des classes » et le « travail », au nom d’une mise en question des fondements mêmes de la société capitaliste : valeur marchande et travail abstrait, argent et marchandise, État et nation. Kurz, auteur prolifique et doté d’une belle plume vigoureuse, souvent polémique, atteignit un public plus vaste avec son livre  « L’Effondrement de la modernisation » (1991) qui affirmait, au moment même du « triomphe occidental » consécutif à la fin de l’URSS, que les jours de la société marchande mondiale étaient comptés et que la fin du « socialisme réel » en était seulement une étape. Contributeur régulier à des journaux importants, notamment au Brésil, conférencier remarquable, Kurz choisit cependant de rester en dehors des Universités et des autres institutions du savoir, en vivant grâce à un travail prolétaire - à savoir en empaquetant de nuit des exemplaires du journal local. La douzaine de livres et les centaines d’articles qu’il a publiés se situent, grosso modo, sur deux niveaux : d’un côté, une élaboration théorique de fond, menée surtout au travers des longs essais parus dans « Krisis » et  « Exit ! » (fondée en 2004 après la séparation avec Krisis). De l’autre côté, un commentaire continuel de l’approfondissement de la crise du capitalisme et une investigation de son passé – notamment à travers sa grande histoire du capitalisme « Le Livre noir du capitalisme » (1999), qui fut, en dépit de ses 850 pages, un best-seller en Allemagne, mais aussi dans « La Guerre pour l’ordre mondial » (2003), « Le Capital-monde » (2005) et dans ses articles de presse.

Tag(s) : #Sur Robert Kurz