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Anselm Jappe fait paraître un article dans l'ouvrage collectif « La réification. Histoire d'un concept critique » (La dispute, 2014), dirigé par A. Cukier, V. Charbonnier et F. Montferrand (pp. 65-83).

 

Le sujet central de l'article est la spécificité et l'originalité de l'interprétation par la mouvance de la critique de la valeur du fétichisme de la marchandise chez Marx, au regard des autres courants du marxisme au XXe siècle qui se sont réappropriés le thème de manière toujours tronquée. Pour la lecture du seul livre intéressant en Français portant sur la thématique du fétichisme et que discute et critique l'article de Jappe, nous renvoyons au livre d'Antoine Artous, « Le fétichisme chez Marx » (Syllepse). On peut sinon se reporter aux ouvrages traduits de Moishe Postone. Nous renvoyons plus particulièrement à la lecture de « Temps, travail et domination sociale » (Mille et une nuits, 2009) et en particulier aux sous-chapitres « Travail abstrait et aliénation », « Travail abstrait et fétiche », « Formes de médiation sociale et formes de conscience ». Dans cette même langue on peut voir aussi sur le fétichisme de la marchandise la rubrique suivante :


http://palim-psao.over-blog.fr/categorie-11478449.html

 

En Allemand, sur le renouvellement de la thématique théorique du fétichisme nous renvoyons aux dossiers consacrés sur ce thème sur les sites des revues KRISIS, EXIT ! et STREIFZUGE.  

 

Extraits de l’article :  

   

« Au temps de la IIe Internationale (1889-1914), la théorie de Marx a été transformée en une idéologie centrée sur la ‘‘lutte des classes’’ et sur la revendication d’une redistribution différente de la survaleur. Depuis lors, on a continué à utiliser les analyses de Marx essentiellement dans ce but : obtenir une plus grande justice sociale. Dans sa formulation classique, le sujet historique de ces revendications correspondait à la classe ouvrière, essentiellement assimilée ici au prolétariat industriel.

       
Ces dernières décennies, ce schéma a souvent été appliqué sous des formes nouvelles, en faisant référence à d’autres figures de l’exploitation et de la domination (les peuples du ‘‘tiers-monde’’, les ‘‘subalternes’’, les femmes). On peut cependant observer que, dans tous ces cas, ce n’est pas vraiment le contenu de la reproduction capitaliste qui est mis en question, mais plutôt l’accès à ces résultats. La valeur et l’argent, le travail et la marchandise n’y sont pas conçus en tant que catégories négatives et destructrices de la vie sociale. C’était pourtant ce qu’avait fait Marx dans le noyau de sa critique de l’économie politique, tel qu’il l’a développée surtout dans le première section du Capital. Pour le mouvement ouvrier, ses porte-parole et ses intellectuels, la valeur et l’argent, le travail et la marchandise ne constituaient plus cependant des catégories à abolir, mais des éléments naturels de toute vie humaine qu’il fallait s’approprier pour les gérer ‘‘ différemment’’. De même, la production industrielle, y compris ses cadences et ses conséquences sur la vie humaine et sur la nature, n’était pas considérée comme un problème, mais comme une ressource dont on voulait tirer profit. Cette attitude allait jusqu’à l’éloge du fordisme, avec sa chaîne de montage et sa discipline de fer, qu’ont prononcé Lénine et Gramsci dans certains de leurs textes. Il s’agissait donc essentiellement de continuer le capitalisme industriel, basé sur le travail abstrait et la double nature de la marchandise – abstraite et concrète – en changeant seulement la propriété juridique des moyens de production.  

 

Dans ce chapitre, nous proposons au contraire d’examiner le problème de l’aliénation et de la réification à partir des analyses marxiennes du fétichisme de la marchandise et du travail abstrait. »

 

Plan de l’article :

-          Aliénation et réification : histoire, problèmes et déclin théoriques

-          La centralité du fétichisme de la marchandise

-          Fétichisme, aliénation et réification : reconstruire une continuité théorique

-          Conclusion

 

postone critique du fétiche

Tag(s) : #Parutions & Bibliographie

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