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OL2477164M-MTout comme le scandale qui consiste dans la non-traduction en France des oeuvres de Robert Kurz (L'effondrement de la modernisation ou Le Livre noir du capitalisme) ou d'Alfred Sohn-Rethel, (dont le livre La pensée-marchandise est toutefois publié aux éditions du Croquant en 2010) c'est maintenant depuis plus de dix longues années qu'est épuisé et sans projet de réédition, l'oeuvre maitresse du philosophe Jean-Marie Vincent (1934-2004), Critique du travail. Le faire et l'agir (PUF, 1987). Auteur pour Anselm Jappe, de ce « qui est probablement le livre français qui se rapproche le plus de la critique de la valeur [wertkritik], même s'il reste par certains aspects dans le marxisme traditionnel » (Les Aventures de la marchandises, Denoël, 2003, p. 130). Jean-Marie Vincent avait été d'ailleurs non pas le directeur de thèse de Jappe (comme l'écrit un livre confus et bourré d'approximations, " L'évanescence de la valeur. Une présentation critique du groupe Krisis ", de J. Guigou et J. Wajntezsjn), mais parmi son jury de thèse.


Jean-Marie Vincent, germaniste hors pair et passeur de frontière notamment entre la France et l'Allemagne, fut un introducteur en France de l'Ecole de Francfort et a porté tout au long de sa vie un fort intérêt critique pour la sociologie de Max Weber. L'enfermement des relations sociales dans une " cage de fer ", correspond bien à ce que décrit Jean-Marie Vincent du travail pour comprendre la valorisation sociale engendrée par le capitalisme. Telles une chape de plomb, les totalisations sociales pèsent sur les êtres vivants. Dès les années 1960, il a critiqué « l'ontologisme naïf » du matérialisme dialectique et historique, l'althussérisme (dans Contre Althusser. Pour Marx) comme l'oeuvre de Jurgen Habermas qui n'a plus grand chose à voir avec les intuitions maîtresses de la première génération de l'Ecole de Francfort. Sa confrontation à Habermas fait partie par exemple de Critique du travail. Comme Moishe Postone dans son ouvrage Temps, travail et domination sociale qui comporte plusieurs chapitres consacrés à cet auteur, Jean-Marie Vincent reproche à Habermas son interprétation très réductrice de Marx mais aussi l'expulsion de l'analyse du salariat moderne de sa sociologie de l'action, entérinant par là une théorie non-conflictuelle de la démocratie. Il y aborde aussi entre autres les pensées de Arendt, Bloch, Heidegger, Lukàcs... Un ouvrage donc majeur, aussi important à lire pour repenser une théorie critique du capitalisme en jettant par-dessus bord tout le ballast marxiste, que celui de Moishe Postone (cf. " Temps, travail et domination sociale. Une réinterprétation de la théorie critique de Marx ",  Mille et une nuits, 2009, voir ici plusieurs textes de et sur Postone) ou le livre d'Anselm Jappe (" Les Aventures de la marchandise. Pour une nouvelle critique de la valeur ", Denoël, 2003, voir ici plusieurs textes de et sur Jappe).  Ne trouvant nulle part de photo de Jean-Marie Vincent, merci d'en faire parvenir à l'adresse de ce site, si vous en disposiez.

Quatrième de couverture :

«
Cinq essais philosophiques constituent ce livre, qui forment les moments d'une même réflexion critique et constructive. Avec clarté, sans concessions aux modes dominantes, Jean-Marie Vincent s'y confronte aux questions urgentes de notre présent : la " crise du sens ", la répétivité des mécanismes de domination et de technisation qui prétendent normaliser l'avenir, la perte de réalité de la politique.

Ce qu'il refuse : le dogmatisme, enfermé dans les certitudes d'une " conception du monde ", fût-elle révolutionnaire ; l'éclectisme post-moderne, méconnaissant l'apport des grands rationalismes dialectiques des XIX e et XX e siècles ; l'alternative abstraite de la société et de l'individu, de la norme et de la pratique.

Ce qu'il propose : une relecture des essais les plus hardis d'actualisation du marxisme (Lukàcs, Bloch, Habermas), pour découvrir leurs limites ; une confrontation serrée de la critique marxienne de l'économie politique et de la déconstruction heideggerienne de l'ontologie techniciste : une prospective raisonnée de l'agir, libérée du productivisme.

Au coeur du problème : l'analyse du travail comme " abstraction réelle  " dominant les pratiques de l'oeuvre et de la communication, au travers de l'impérialisme de la valeur (auquel Marx lui-même n'a pas échappé) ; l'exploration résolue des voies d'une politique dans l'élément de la finitude, d'une démocratie comme transformation de l'action elle-même, d'un art comme art de vivre, par-delà l'esthétisme et le mercantilisme. »

Bonne lecture !


logo-pdf.pngVoir le Fichier : Critique_du_travail_pages_1-77.pdf







logo-pdf.pngVoir le Fichier : Critique_du_travail_pages_78-162.pdf






Merci à V. pour la scannérisation de ce livre.

Certaines personnes n'arrivant pas à télécharger " Critique du travail " à partir de ces deux fichiers PDF, ne pas hésiter à m'envoyer un mail, et je vous envoie en pièce jointe ces fichiers.  M'écrire à palimpsao(arobase)orange.fr

- Voir aussi la revue Variations. Revue internationale de théorie critique, constituée autour de Jean-Marie Vincent. Les numéros sont librement téléchargeables.

- Je fais référence aussi au livre coordonné par le sociologue Stephen Bouquin, Résistances au travail (Syllepse, 2008), dont l'introduction dans sa théorisation est redevable en partie à la réflexion de Jean-Marie Vincent.

- Texte de Jean-Marie Vincent, " Marx l'obstiné ", dans Marx après les marxismes (ouvr. coll.), L'harmattan, 1997.

9782940189205FS

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Tag(s) : #Sur Jean-Marie Vincent

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