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juillet_36.jpgDe la « lucha por Barcelona » à « el elogio del trabajo » :

L’anticapitalisme des anarchistes et des anarcho-syndicalistes espagnols dans les années trente

 

 

Le vendredi 18 novembre à 21 heures à Bourges, dans la salle « La soupe aux choux » (en haut du restaurant Le Guillotin près de la place Gordaine), les Giménologues présenteront un exposé illustré de photos projetées autour du projet de communisme libertaire en Espagne, à travers les collectivisations industrielles à Barcelone et le début de socialisation rurale en Aragon ; et poseront la question :

 

Qu’est-ce qui est en jeu dans l’étrange tentative de reconstruire le monde autour d’un centre que ses occupants ne cherchent qu’à fuir : le travail ?

 

cntmetal.jpg« CNT Métal »

 

Nous aborderons notamment le matériau dont s’est servi Michael Seidman pour son livre « Ouvriers contre le travail à Barcelone et Paris pendant les fronts populaires ».

 

 

« Une étrange folie possède les classes ouvrières des nations où règne la civilisation capitaliste. […] Cette folie est l’amour du travail la passion moribonde du travail poussée jusqu’à l’épuisement des forces vitales de l’individu et de sa progéniture. […] L’Espagne, qui, hélas ! dégénère, peut encore se vanter de posséder moins de fabriques que nous de prisons et de casernes […] Pour l’Espagnol, chez qui l’animal primitif n’est pas atrophié, le travail est le pire des esclavages »[1].

 

 

vendeurs_rues_barcelone.jpg« vendeurs à la sauvette. Barcelone, années trente »

 

Les Giménologues

 


 

Remarque :

 

Les Giménologues ont publié l'ouvrage autour des souvenirs du milicien anarchiste Antoine Gimenez qui combattit dans la colonne Durruti durant la Guerre d'Espagne, « Les Fils de la nuit. Souvenirs de la guerre d'Espagne » (L'insomniaque-Giménologues, 2006. Le livre épuisé en Français - il existe des traductions, espagnole et italienne - est disponible sur leur site). On pourra consulter également la postface des auteurs à ce livre qui constitue une importante réflexion autocritique pour le mouvement anarchiste dont nous sommes : Postface des Giménologues et Les anarchistes ou l'abolition impossible de l'argent sans dépasser le travail. Pendant trop longtemps le mouvement anarchiste (notamment l'anarcho-syndicalisme, le communisme libertaire, et d'autres courants) a comme le marxisme traditionnel (au sens de Moishe Postone), naturalisé les catégories capitalistes et leurs formes sociales correspondantes, et en particulier le travail. Notre capacité à instituer une autre forme de vie sociale, une autre forme de la synthèse sociale, au-delà de la valeur c'est-à-dire de la société capitaliste-marchande, ne pourra se faire qu'à l'aune de cette auto-réflexivité critique là. Il faut encore faire remarquer sur ce point l'extraordinaire livre de Michael Seidman « Ouvriers contre le travail » (paru chez Senonevero) dont vous nous conseillons la lecture. Ce n'est assurément pas le genre de bouquin qui nous fait perdre notre temps.

 

PP.

 

ouvriers contre le travail

Les-fils-de-la-nuit.jpg
Chris-Ellham.jpg

[1] Paul Lafargue, « Le droit à la paresse » 1880.

Tag(s) : #Rencontres autour de la critique de la valeur